Compagnie Générale Transatlantique, 1962 - 1977
France (paquebot ) 1962 - 1977
materiau de la coque : ............acier
anciens noms du navire : ..........
type de navire : ..................paquebot
type du propulseur : ..............4 hélices
année de construction du navire : .1960
nom du chantier de construction : .Chantiers de l'Atlantique
lieu de construction : ............Saint-Nazaire
Année d'entrée en flotte : ........1962
Longueur (en mètres) : ............315,66
Largeur (en mètres) : .............33,70
Jauge brute (en tonneaux) : .......66348
Port en lourd (en tonnes) : .......13961
Type de moteur : ..................4 groupes de turbo-réducteurs composés de 4 turbines
Puissance du moteur (en chevaux) : 160000
Vitesse en service (en noeuds) : ..31
Dernier paquebot transatlantique construit pour le compte de la Compagnie Générale Transatlantique, FRANCE clôturera en septembre 1974 la ligne Le Havre-New York qui était exploitée par la Compagnie depuis 110 ans : tout un symbole ! Troisième navire de la Compagnie à porter ce nom après le FRANCE (1) de 1865 et le FRANCE (2) de 1912.
Le nouveau navire-amiral de la Transat est lancé le 11 mai 1960 avec pour marraine l’épouse du Président de la République, Madame Yvonne de Gaulle. Achevé en novembre 1961, il est mis en service en janvier 1962. Son premier départ pour New York a lieu le 3 février 1962. C’est à l’époque le plus long paquebot du monde (315,66 mètres hors-tout), l’un des plus rapides également, mais sa mise en service intervient alors que la part de marché des paquebots transatlantiques se réduit d’année en année au profit de l’avion et plus personne ne songe au Ruban bleu... FRANCE rencontrera toutefois un succès au moins égal à celui de NORMANDIE en son temps.
Exploité principalement entre Le Havre, Southampton et New York (FRANCE ne fera jamais escale à Plymouth, contrairement à ses prédécesseurs), avec parfois un détour par Bremerhaven entre 1969 et 1974, FRANCE effectuera chaque année plusieurs croisières en Europe et au départ de New York et en particulier deux longues croisières autour du monde en 1972 et en 1974, les seules jamais organisées par la Compagnie.
Jusqu’en 1973, il effectue ses traversées transatlantiques en 5 jours. La dernière année, leur durée sera portée à 6 jours afin d’économiser un peu de mazout. A plusieurs reprises en 1964, 1965, 1966 et 1971, il se détournera de sa route pour porter assistance à des marins malades ou blessés sur d’autres navires.
A partir de mai 1969, FRANCE accoste à New York au pier 92 de la Cunard, qu’il partage avec le nouveau paquebot QUEEN ELIZABETH 2. Le pier 88 est démoli pour laisser la place à un nouveau terminal de croisières, qui sera achevé en 1975. Le paquebot effectuera également une escale unique à Cherbourg en juin 1974, cette fois en raison d’une grève des "Abeilles" au Havre.
Au printemps 1974, le gouvernement français décide de ne plus subventionner l’exploitation du navire, et ce à dater du 1er juillet. Face à cette décision, et devant l’envolée des prix du pétrole, la Transat annonce le 8 juillet que FRANCE sera désarmé à l’automne. Les deux dernières traversées transatlantiques sont programmées le 11 octobre au départ du Havre, dans le sens est-ouest, avec une escale à Halifax au Canada et le 18 octobre au départ de New York, dans le sens ouest-est, avec une escale aux Açores et débarquement des passagers à Cannes. Ces traversées n’auront jamais lieu car, le 11 septembre, au terme de son 202ème voyage, le paquebot est immobilisé par l’équipage à l’entrée du Havre, où il demeurera près d’un mois, sous les feux de l’actualité. Son sort étant scellé, FRANCE accoste au Havre le 9 octobre où il est finalement désarmé en décembre, dans le canal de Tancarville, au "Quai de l'oubli". Au cours de sa carrière sous pavillon Transat, FRANCE a traversé l’Atlantique 377 fois, transportant près de 600.000 passagers, et il a effectué au total 93 croisières.
Le 21 octobre 1977, le paquebot est vendu une première fois à TAG France SA mais les projets de son nouveau propriétaire, M. Akkram Ojjeh, n’aboutissent pas.
En août 1979, le navire est revendu à l’armement norvégien Kloster Rederi A/S qui le rebaptise NORWAY. Il quitte Le Havre le 18 août 1979 : il n’y reviendra que 17 ans plus tard. Pendant 8 mois, il est complètement transformé en navire de croisières par les Chantiers Hapag-Lloyd à Bremerhaven : ces travaux en font, et de loin, le plus gros paquebot de croisières au monde (plus de 70.000 tonneaux). En mai 1980, il traverse l’Atlantique, accoste au nouveau pier 88 à New York puis gagne Miami, son nouveau port d’attache. A l’époque, son succès est tel que ses cabines sont réservées un an à l’avance.
A l’automne 1990, le paquebot est de nouveau transformé à Bremerhaven par l’adjonction d’un pont supérieur. Avec 76.000 tonneaux, c’est toujours le plus gros paquebot de croisières du monde. En 1995 Kloster Rederi A/S devient N.C.L. Notwegian Cruise Line.
En septembre 1996, il retourne à New York pour la première fois depuis 1980 puis effectue une traversée transatlantique New York Le Havre, la première depuis 1974. Il escale au Havre le 11 septembre 1996. A la fin de l’année, ses cheminées sont repeintes en blanc avec le sommet bleu foncé mais cette livrée peu avenante sera remplacée dès l’année suivante par une nouvelle livrée entièrement bleue avec, en son centre, le logo de la Compagnie en lettres dorées. Un accord avec l’Association French Line l’autorise à utiliser le nom de FRANCE pour les croisières européennes organisées du 17 avril au 8 juillet 1998.Le NORWAY reviendra en Europe avec escale au Havre le 14 juillet 1999 et le 21 septembre 2001.
Au cours de l’été 2001, la Compagnie malaisienne Star Cruises, qui s’est rendue propriétaire de l’armement Kloster (ou Norwegian Cruise Line) l’année précédente, annonce qu’elle mettra un terme à la carrière de NORWAY dans les Caraïbes en septembre. Le 5 septembre 2001, NORWAY quitte New York pour ce qui doit être sa dernière traversée transatlantique. Mais, contre toute attente, il reprend ses croisières au départ de Miami en décembre.
Le 25 mai 2003, alors que le paquebot manoeuvre pour accoster à Miami, l’explosion d’une chaudière fait 4 victimes et 17 blessés parmi les hommes d’équipage, dont 4 décèdent dans les semaines suivantes et conduit à l’annulation du programme de croisières du navire. En juin, NORWAY est remorqué jusqu’à Bremerhaven où il est désarmé fin juillet.
Le 17 mars 2004, La Norwegian Cruise Line annonce qu’elle ne ferait pas réparer la chaudière endommagée (peut-être en raison du coût prohibitif de l’opération), et qu’elle a donc décidé de ne pas remettre le paquebot en service sur le marché américain. Le communiqué publié précise que la Compagnie recherche d’autres solutions pour l’exploitation du navire. Finalement, en avril 2004, elle le met officiellement en vente.
Plusieurs investisseurs s’intéressent au navire, dont deux français, M. ISAAC DAHAN, puis le Groupe PIERRE ET VACANCES, dans l’intention de la transformer en hôtel flottant ancré à Honfleur au pied du Pont de Normandie.
Après l’échec de ce projet STAR CRUISES le fait remorquer de Bremerhaven qu’il quitte le 23 mai 2005 à Port Kelang en Malaisie où il arrive le 10 août. Ancré à un mille des côtes, intégré dans la flotte STAR LINE sous pavillon libérien et renommé BLUE LADY, surnom du NORWAY dans les Caraïbes. Cédé début 2006 pour 10 millions $ à Giri Subedar Ship Breaking Yard à Chittagong, mais le 16 février les autorités bangladaises décident d’’interdire l’’entrée du navire dans ses eaux. Vendu finalement à Regent Shipping basé au Royaume Uni dont les actionnaires seraient Sandeep Mehta et Nazeer Kalawala, puis cédé à Prya Blue Shipping dans lequel serait présent le chantier Haryana Ship Demolitions Ltd pour 16,5 millions $. Quitte Port Kelang le 5 mai 2006 pour Alang. Des experts mandatés par la Cour Suprême indienne inspectent le navire pour évaluer la présence de produits toxiques à bord. Cette même Cour, début janvier 2006, a émis un premier avis défavorable au démantèlement du porte-avions français CLEMENCEAU à Alang, lié à la présence d’amiante à bord et le 13 février 2006 le Conseil d’Etat français ayant dans son arrêt assimile le navire à un déchet, le gouvernement décide de le rapatrier à Brest. BLUE LADY est échoué le 15 août 2006 devant devant le port de Pipavav en baie d’Alang. A l’issue d’une longue bataille juridique de 15 mois, la Cour Suprême indienne autorise le 14 septembre 2007 le démantèlement du navire qui sera terminé à la fin de l’année 2008.
A noter : NORWAY n’est plus le plus gros paquebot de croisières du monde depuis l’achèvement fin 1987 du paquebot norvégien SOVEREIGN OF THE SEAS (73.000 tonneaux), également construit à Saint-Nazaire. Toutefois, il a repris le titre en 1990, après l’adjonction du nouveau pont supplémentaire, puis l’a perdu - cette fois définitivement - fin 1995, à l’entrée en service du paquebot libérien SUN PRINCESS (77.000 tonneaux). Quant à la longueur record de sa coque (pour un paquebot), elle a été dépassée par celle du paquebot géant QUEEN MARY 2, qui atteint 345 mètres et a, en outre, un tonnage deux fois supérieur (environ 150.000 tonneaux).