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Marseille, Marchand, Marquises

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Le bilan de l'expédition

Carte des Iles Marquises
Carte des Iles Marquises
Le second Tour du Monde

L’expédition de Marchand n’a pas fait la fortune de la Maison Baux : les pelleteries américaines, but du voyage, n’ont pu être échangées à Canton. Ramenées en France, expédiées à Lyon en pleine guerre civile, elles furent saisies, oubliées sous scellés et «devinrent la proie des vers».
M. Fleurieu écrit dans la relation de ce voyage qu’il est : «le second autour du monde qui ait été fait par les français. Bougainville n’avait eu en France ni modèle, ni imitateur, et La Pérouse n’avait pu achever sa course».
Ce fut en tout cas le premier tour du monde commercial effectué au départ d’un port de la Méditerranée.

Un voyage sûr, rapide et précis

Le périple dura 20 mois (608 jours exactement) dont 16 mois et 8 jours de navigation. Il compte parmi les voyages autour du monde les plus rapides du XVIIIème siècle.
Le Solide n’était certes pas ce que les marins nomment un «fin voilier». Construit pour résister aux fatigues d’un long voyage et lutter contre les gros temps, il était solide, de fait comme de nom. Ce n’est donc pas à sa vitesse de marche qu’il faut attribuer la brièveté de son voyage mais au fait, surtout, qu’il a toujours pris des routes directes pour se rendre d’un point à un autre. Il consacra le triomphe de la navigation scientifique. Le navire ne possédait ni montre, ni horloge marine. En 1797, Fleurieu, qui avait été ministre de la marine de Louis XVI, affirme que la France compte peu de marins qui sachent appliquer à la mer l’observation des distances de la lune au soleil et aux étoiles. Les officiers du «Solide» pouvaient se compter parmi eux.
Sur le plan humain, ce voyage du Solide peut être cité en exemple : l’expédition n’eut à déplorer la perte que d’un seul homme (mort d’une attaque d’apoplexie) sur cinquante au total.

Un voyage commercial et de découverte

Selon M. Saint-Yves dans une brochure éditée en 1897, «Tout en accomplissant strictement la mission commerciale que lui avait confié son armateur, le Capitaine Marchand avait su compléter sur un point du grand océan les admirables travaux de Cook et découvrir 4 îles nouvelles et 2 îlots». En fait, on sait que l'américain INGRAHAM l'aurait précédé dans cette découverte. Les observations faites par Marchand sur les Iles Marquises et les Iles de la Révolution qui figurent dans son livre de bord sont d'une grande qualité et constituent même selon les spécialistes de l'Océanie les premières véritables informations sur ces îles.
Les espagnols qui découvrirent les îles Marquises (groupe Sud) en 1595 et COOK qui y séjourna en 1774 n'auraient, en effet, rien apporté de précis.

 

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