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  Histoire maritime >>> Naufrage du Lamoricière


Le naufrage du paquebot Lamoricière



Le 9 janvier 1942, alors qu'il tentait de secourir le cargo Jumièges, le paquebot Lamoricière coule en Méditerranée, au large des côtes de Minorque. Dans ces circonstances dramatiques, plus de 300 personnes perdront la vie. Début 2008, l'épave est identifiée par l'équipe de plongeurs italo-espagnols de Guido Pfeiffer.



Le déroulement du naufrage

Il est 17h00 ce mardi 6 janvier 1942 lorsque le paquebot Lamoricière appareille d’Alger. Le Commandant Milliasseau mène jusqu’à Marseille 121 hommes d’équipage et 262 passagers, dont 88 militaires en permission et un groupe de 17 enfants du Centre Guynemer.

Le 7, en fin de matinée, le navire aborde une tempête surgissant du Golfe du Lion. Déjà, une voie d’eau se déclare, inondant la soute à charbon. Mouillé, le charbon, qui était déjà de mauvaise qualité, brûle très difficilement ; le paquebot perd de la puissance.

A 23h55, l’officier radio capte un SOS du Jumièges, petit cargo de la compagnie Worms. Il est décidé de lui porter secours ; mais arrivé à l’endroit présumé, il est trop tard. Le paquebot reprend alors sa route vers Marseille.

La tempête est toujours forte et les réserves de charbon très entamées. Il est alors certain que le navire ne pourra pas gagner Marseille dans de telles conditions. Il est donc décidé de virer de bord pour aller se mettre à l’abri sous Minorque, en attendant une accalmie. La manoeuvre commence à 15h00, le 8 janvier, mais ne se passe pas comme prévu. L’eau envahit la chaufferie, et bientôt, le navire n’est plus qu’un jouet à la merci d’une mer déchaînée. A 17h50, le Commandant rompt le silence radio, de vigueur en ces temps de guerre, et envoie un premier message de demande d’assistance. Il renouvelle son message à 23h55, puis un SOS est envoyé à 3h15, le 9 janvier.

L’espoir renaît lorsque le Gouverneur Général de Gueydon apparaît vers 9h00, mais il ne parvient pas à le prendre en remorque. Il n’y a plus d’autre choix que d’abandonner le paquebot. Mais la mise à l’eau des canots s’avère très difficile et l’eau est glaciale.

A 12h35, ce vendredi 9 janvier 1942, le Lamoricière sombre.

Le Gouverneur Général de Gueydon récupère 55 personnes ; le Gouverneur Général Chanzy, qui l’avait rejoint, remonte 25 personnes. Enfin, l’aviso L’Impétueuse, arrivé à 16h30, sauve 12 naufragés réfugiés sur un radeau de fortune. Le Chanzy, l’Impétueuse et le remorqueur l’Obstiné patrouillent jusqu’à la tombée de la nuit.

Bilan :
292 morts du Lamoricière (212 passagers et 80 marins),
20 morts du Jumièges,
92 rescapés (50 passagers et 42 marins).


>> carte des évènements

Documents

>> Photographies Lamoricière

>> Documents d'archive.

Fiches historiques des navires, à consulter dans la rubrique histoire maritime :

La paquebot Lamoricière (Compagnie Générale Transatlantique)
Le Gouverneur Général Chanzy (Compagnie Générale Transatlantique)
Le Gouverneur Général de Gueydon (Compagnie Générale Transatlantique)

Conférence sur le naufrage du Lamoricière

Conférence de M. Yves Lacoste enregistrée à Marseille le 15 septembre 2009, à écouter en ligne.

>> Conférence Lamoricière

>> Photographies sous-marines de l'épave du Lamoricière

Témoignage

Entretien avec M. Xavier Montaggioni, ancien navigant à la Compagnie Générale Transatlantique, rescapé du naufrage du Lamoricière, enregistré à Bastia, le 20 février 2007

M. Xavier Montaggioni, rescapé du Lamoricière (1h24)

Livre

Le naufrage du Lamoricière de Maguy Dumond Courau
Editions « l'Ancre de marine », Louviers, 2010

Le 9 janvier 1942, en pleine tempête, un paquebot sombre, intact, après avoir tenté de porter secours à un cargo en perdition. Le naufrage fait près de 300 morts.
Un voile d'oubli tombe sur cette surprenante histoire, masquée par les horreurs de la guerre mondiale.
Aujourd'hui, l'intérêt renaît pour cette tragédie. Ainsi, l'association French Lines, qui se consacre à faire vivre la mémoire des grandes compagnies maritimes, organise des conférences, des forums en ligne consacrés au naufrage du Lamoricière, dont le grand poète Max Pol Fouchet interprétait ainsi le nom : la mort ici erre...
Ce livre est construit autour d'un poignant témoignage : une jeune femme rescapée, Maguy Dumond, a écrit à chaud le récit détaillé du drame où elle a perdu son mari. Publié en 1943, ce livre était introuvable.

En mai 2008, l'histoire du Lamoricière a suscité un vif regain d'intérêt. Grâce à la prouesse d'une équipe de plongeurs italiens : l'épave, au prix d'efforts et de courage exceptionnels a été retrouvée et photographiée à près de 150 mètres de profondeur. Un exploit sportif et technique, ramenant des fonds obscurs de bouleversantes images.
Enfin, ce livre éclaire un paradoxe. Sous la plume d'Edouard Peisson, le drame si discret du Lamoricière a donné naissance aux plus belles pages de la littérature maritime, pages célèbres, traduites dans toutes les langues.
L'immense écrivain avait saisi la portée morale de ce drame, dont il fait la trame d'un chef d'oeuvre littéraire. Face aux dangers de la tempête, un commandant doit-il risquer la vie de ses passagers en se déroutant pour porter secours à l’équipage d’un cargo ? Où est son devoir ? «Dieu te juge», répond Peisson. Dieu oui, mais... les hommes ?

Disponible chez l'éditeur, à la délégation de Marseille de l'Association ou dans la boutique











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